11.07.2008

Claquée, mais... heureuse...

Pfiou, juste 2 mots avant d'aller me coucher... enfin...

La journée a été longue ! 11 heures de compta non stop à l'OVIV, puis 4h de réunion avec le bureau... Oeuvrer dans ce centre social me comble et me passionne... Quelque soit ce que j'y fais, d'ailleurs ! Pourtant, je n'aurai probablement jamais la chance de le faire autrement qu'en tant que bénévole...

Néanmoins, je suis hyper zen, je n'ai pas eu une seule migraine de la journée, je suis bien...  Alors même que cette journée faisait suite à une autre presque toute aussi chargée...

Je vais arrêter d'y penser, parce que trop y réfléchir me fait bien réaliser à quel point j'ai été mal orientée... On m'a toujours poussée vers ce que je pouvais faire (les profs, hein, pas me sparents, qui eux m'ont toujours laissée libre de choisir ma voie... Enfin Maman, parce que Papa, à ce moment-là, t'étais pas trop là... :'-/), sans jamais une fois se demander ce que je voulais devenir... Et moi, bonne élève un peu trop timide, je me suis laissée embarquer vers une voie, un métier qui ne me convient pas...

Mes études, je ne les regrette pas... Si je trouve un jour le courage de me réorienter professionnellement,  mon bagage scolaire me sera d'une grande aide... mais comment imaginer que dans l'avenir, je parviendrai à négocier le virage à 360° qu'il me faudrait faire pour pouvoir travailler dans le domaine qui me plaît, sans que ma famille n'en patisse financièrement.

Bon, allez, je vais me coucher : je me suis assise devant mon clavier hyper enthousiaste, je me relève triste... Je vais arrêter là les dégats pour ce soir... ;-)

09.06.2008

Grande solitude, ce soir...

Ce soir, j'ai les larmes aux yeux en écrivant... Je me sens seule... seule dans mes choix...

Pas de drame, juste un grand vide au fond de moi. Cela ne remet rien en cause, simplement je me sens seule et incomprise...

Incomprise dans ma façon d'éduquer mes enfants... par ceux qui comptent le plus pour moi.

Mais bon, ce n'est pas grave... Je ne vais pas me laisser abattre !

Ce qui me peine le plus, c'est qu'en fait j'ai l'impression de faire tout mal pour un "camp" comme pour l'autre... Je suis convaincue de l'inutilité, et même bien plus, de la nocivité des gifles et des fessées, ça c'est très clair dans ma tête. Il ne me viendrait pas à l'idée de gifler mon mari ou un copain parce qu'il fait quelque chose qui me dérange, qu'il renverse un verre ou dit quelque chose qui me déplaît. Alors je ne conçois pas que le même geste qui me paraît inconcevable envers un adulte soit plus admissible quand il s'agit de mes enfants. En plus, je vois bien que cela ne sert pas à grand chose...

Oui, parce que malgré mes convictions, il m'arrive encore bien trop souvent à mon goût de donner une tape sur les fesses de mes enfants, plus rarement d'en gifler un... même si c'est trop doucement aux yeux de quelques copines qui rigolent en me voyant "caresser" leur derrière, comme elles disent, je m'en veux dans ces moments-là. N'empêche, le réflexe est là, la compulsion, l'automatisme...

Alors je suis trop laxiste pour la plupart, trop violente par rapport à mes propres convictions, bref, je suis trop partout et bien nulle part... :'-(

Mes proches me disent que mes enfants sont trop bougeons, qu'ils font trop de bruit, qu'ils mangent trop salement... et pourtant, même si ce jugement me fait mal, je ne me résoudrai jamais à les baffer à chaque verre renversé, chaque cri poussé, chaque objet bousculé... parce que c'est comme cela que je les aime, d'abord, mes gosses, moi : pleins de vie et préoccupés uniquement par l'essentiel, à savoir vivre heureux le moment présent. Ensuite parce que je ne tiens pas à en faire des robots, des marionnettes bien huilées, bien dressées qui m'obéissent au doigt et à l'oeil et qui du coup, bien sûr, ne me font jamais rougir, ne me font jamais honte... Je préfère quelques regards moralisateurs de ci de là que la sensation de poignarder mes convictions à chaque instant...

Oui, mais pourtant, cela fait mal quand ce regard moralisateur ou ces paroles de reproche ou de simple constat de ma différence viennent de ceux que j'aime. Pour les autres, à vrai dire, même si je ne peux pas dire que je m'en fous, je vis assez bien leurs airs de dire : "Mais regarde moi là, celle-là...". Mais pour eux...

Pourtant, franchement, je n'ai pas fait le 1/4 du chemin que je souhaite faire vers le respect de mes enfants... parce qu'outre les tapes qui partent occasionnellement, il y a les cris, qui j'en suis persuadée les traumatisent tout autant... Et les cris, à la maison, il y en a encore trop...

Enfin bref, cela m'a fait du bien de l'écrire parce que cela me remet sur les rails... les bons, ceux qui correspondent aux valeurs auxquelles je crois... Que ce doit être déstabilisant pour un enfant de recevoir un coup, quel qu'il soit, par ceux en qui il a le plus confiance... ceux supposés le protéger et le préserver... Alors non, je ne craquerai pas, mais que c'est dur parfois... et que c'est fatigant !!! ;-)

Parce que reconnaissons-le, c'est bien plus simple de coller une baffe à un gosse qui sort du rang que de comprendre pourquoi il a fait la chose qui nous déplaît, voir si c'est ou non dans les limites posées et gérer respectueusement, s'il y a lieu, le débordement... Mais quoi de surprenant, j'ai le don de choisir les chemins les plus tortueux... ;-) 

15.04.2008

Libérée... et pourtant plus que jamais terrorisée par mon "preneur en otage" ! :-(

Oui, me voilà libre aujourd'hui... au sens propre comme au figuré... C'est grisant mais si terrifiant !

Depuis 11h30 ce matin, je suis libre, physiquement parlant, l'hôpital m'a laissée sortir. Ma "libération" s'est cependant amorcée hier matin, sous AG, quand un chirurgien béni du ciel a brisé le lien de plastique qui enserrait mon estomac, me pliant en deux depuis samedi soir. Et pourtant ce faisant, il a laissé retomber sur mes épaules une chape d'angoisse qui s'était éloignée un temps, me laissant en sursis...

Bon, je vais essayer d'être plus claire, même si au fond, cette note-là, je n'ai pas vraiment envie qu'elle soit lue... J'ai besoin de l'écrire, j'ai besoin d'évacuer ce que seul ce p_ _ _ _ _ de clavier peut traduire, mais je le fais plus pour moi, égoïstement, que pour donner des nouvelles. En fait, j'ai un autre blog, depuis quelques mois déjà, où je déchargeais mes angoisses, mes secrets, le "côté noir de la force" que j'affiche souvent, son côté fragile surtout. Et ce blog, personne à part moi n'en connaît l'URL... Trop secret, trop intime... Mais j'ai décidé aujourd'hui de faire mourir ce blog secret, de le faire rejoindre notre blog familial, dans cette catégorie plus personnelle créée ce matin... Après tout, les angoisses qui y transparaîtront font partie de moi, et si elles déplaisent à certaines personnes qui me jugeront sur mes écrits (si, si, je le sais, mais bizarrement, ce matin, je m'en fiche !), ma foi, que celles-ci nous laissent en route ! Je manque de temps pour prendre soin de toutes les personnes que j'aime, alors si il y en a qui veulent me simplifier la tâche en prenant le large, qu'à cela ne tienne ! Finalement, c'est décidé ! On me prend comme je suis ou pas du tout ! ;-)

Bref, oui, pour ceux qui me connaissent bien, le "preneur d'otage" qui me kidnappe régulièrement, c'est mon poids... Mon poids qui me pourrit la vie depuis des années, mon poids, ma faiblesse, mon poids, ma fragilité affichée... Bien souvent, les gens qui me regardent vivre se demandent à quelle énergie je fonctionne... Je parais si sûre de moi, prête à tous les combats pour les miens et les autres... et c'est bien moi, débordante d'énergie,  volontaire et jusqu'auboutiste quand une cause s'impose à moi et que j'y crois... Ne vous y trompez pas, cela n'a rien à voir avec l'envie d'en tirer quelque mérite que ce soit, d'ailleurs bien souvent, mes convictions qui sortent un peu des entiers battus me marginalisent un peu et me mettent un peu à l'écart de ceux qui pensent comme le courant... Mais je m'en fous... Quand je crois à quelque chose, en quelqu'un, je me bats pour lui faire de l'espace dans ma vie et dans celle des autres, c'est ainsi. Et pour ça, je peux afficher une volonté de fer, déplacer des montagnes, dégager du temps que je n'ai pas, sur les heures où ma famille dort ou quand elle est occupée ailleurs... Faire connaître le portage intensif d'un enfant, même tout juste né, promouvoir le maternage de proximité à l'instinct, dans une société moderne où l'enfant ne doit pas trop gêner, et où son écoute est souvent apparentée à du laxisme, créer un groupe local de réflexion sur la parentalité, faire connaître et respecter l'allaitement, long ou pas d'ailleurs, tout cela ne me fait pas peur ! Et pourtant, depuis que je suis toute petite, une partie de moi me met régulièrement en échec, et fait tomber ma volonté ! Mon poids ! Moi qui peut passer 50 coups de fil pour aider quelqu'un qui baisse les bras, je n'ai aucune volonté à long terme sur ce sujet-là... Oh, bien sûr, des régimes, j'en ai fait, j'en ai tenu même ! Plus de 18 mois parfois... Chaque fois, je bats même un nouveau record ! 8kg de perdus... Cette fois, plus de 15... Lors d'un autre bilan, 27 kg abandonnés... et allez, soyons fous, avant mon mariage, 32 kg perdus !!! Si, si, je peux le faire... je peux les perdre ces p_ _ _ _ _ s de kilos !!! Mais bon, soyons honnêtes, ce que je sais le mieux faire, c'est surtout les reprendre ! Et là, croyez-moi, les délais sont bien plus courts ! Là, oui, je suis championne toute catégorie !!! Un palmarès dont je me passerais bien... :-(

Alors ces dernières années, j'avais pris le parti de m'accepter, comme j'étais... Avec tous mes kilos, repris après ma dernière perte de poids records, et malgré les paroles blessantes de mes proches qui me renvoyaient régulièrement et plus ou moins violemment à mon image... Depuis mon déménagement, j'étais il est vrai entourée d'un plus grand nombre de personnes en surpoids, cela a sans doute aidé à ce que je vive mieux cette reprise de poids, lente mais sûre. Et très honnêtement, même si les "T'as encore grossi, dis donc !" de Papa ou les "Mais regarde toi, ma puce, je t'aime mais regarde à quoi tu ressembles. Essaie de faire un peu attention, regarde, moi aussi, j'ai tendance à grossir et pourtant, avec un peu de volonté on y arrive, la preuve !" de Maman me blessaient bien plus que je ne le montrais, je m'étais acceptée. Je crois... Je ne dis pas que j'étais heureuse d'être obèse, mais sincèrement, l'amour de mon homme qui ne m'a jamais fait aucun reproche, lui, aidant, je crois que je m'y étais faite... Et je n'aurais sans doute rien changé...

Pourtant, un jour, mon Nolan est rentré de l'école, blessé, et il m'a dit très triste : "Matthias V-R. m'a dit que ma Maman était grosse". Même ça, j'avais appris à le gérer, pour lui, pour ses petits frères... Je lui ai répondu, en apparence hyper zen, même si au fond de moi, je me sentais moche, honteuse et coupable de lui faire vivre cela : "Oui, c'est vrai, mon coeur, il a raison. Je suis très grosse. Est-ce que cela te gène ?" Il a réfléchi, m'a répondu que non après quelques secondes. Je lui ai dit : "Je te l'ai souvent dit, au sujet de ton petit copain dont les autres disent souvent qu'il est gros, les gens ne sont pas aimables (au sens dignes d'être aimés) parce qu'ils sont beaux, sveltes, qu'ils ont les yeux bleus, la peau claire ou les cheveux blonds. Moi, grosse ou pas, je t'aime par-dessus tout, avec tes petits frères et ta grande soeur, et j'espère que malgré mes kilos, tu m'aimeras aussi, toute ta vie, pour ce que je suis et non pour ce que je parais...". Il avait 6 ans, était en CP et m'a dit : "Oh ça oui !". Et même si je sais que parfois, il rêverait d'une maman top model, je pense que ce genre d'évènements non plus ne m'aurait pas fait changer... parce qu’effectivement, chaque jour il me montre qu’il m’aime, que je sois « un petit peu grosse » comme il dit, ou plus mince.

Et puis un jour, ces maudites migraines sont arrivées. J'ai avalé des tas de cachets, vu plusieurs neurologues, tous spécialistes des migraines résistantes, tous aussi impuissants et inefficaces les uns que les autres. Mais l'un d'eux a écrit : "Migraines sans doute aggravées par une superobésité avérée". Beurk, que ce mot est laid, moche et triste, écoeurant... Et cette petite phrase, bizarrement, a fait en moi comme un électrochoc. Elle a fait remonter en moi les "Tu sais, Waster s'est fait poser un anneau il y a quelques mois, et il dit que c'est super ! Il a bien maigri et ça se voit !" ou les "La fille à Cocotte a un anneau depuis 4 ans, et tu verrais comme elle est belle maintenant !". Toutes ces petites phrases supposées m'aider qui ne faisaient que me blesser davantage et me braquer un peu plus contre cette éventuelle solution qu’était l’anneau... A tel point que ce sujet était devenu jusque là interdit et source de fâcherie assurée avec Maman. :-/ Là encore, je n'aurais sans doute rien fait si les hasards de la vie n'avait provoqué un peu les choses. Une amie de mon village, forte elle aussi et ayant, croyait-elle alors, donné naissance à son dernier enfant, décidait dans le même temps de "se prendre en main personnellement" et de perdre du poids. Elle avait dans son entourage des gens "bagués" pour qui l'anneau avait fonctionné, et souhaitait se renseigner. Mais elle n'avait pas de voiture et les démarches en auraient été un peu compliquées. Très lâchement, j'ai sauté sur l'occasion de me renseigner, moi aussi, mais de loin, sur le sujet. J'allais l'accompagner, me renseigner "pour plus tard", puisque j'avais un projet personnel incompatible avec l'anneau. Alors nous avons consulté... une équipe hyper moderne, à la pointe de la technologie sur le sujet, sollicité de partout en France, y compris de ma petite Provence. Une équipe qui pose jusque 8 anneaux quotidiennement, compétente, accueillante... et qui va me couper l'herbe sous le pied ! Mon projet personnel n'a rien d'incompatible avec la pose d'un anneau, c'est le réaliser sans qui serait dangereux... Bref, les choses se sont accélérées, et de consultations en bilans, nous voilà le 27/06/2007, "baguées" nous aussi... :-o

Pendant deux mois, ma carte de porteur d'anneau est restée un peu virtuelle : l'anneau posé n'était pas serré, et chez moi, du coup, totalement inefficace. Mais le protocole de la clinique veut, pour protéger notre estomac, qu'un délai de 2 mois s'écoule entre la pose et le 1er serrage de l'anneau. Je me disais : "Je ne vais pas perdre ces deux mois, je vais faire le régime...". Mon amie a perdu 6kg dans l'été (elle était sensible à l'anneau non serré), moi j'en ai... pris 2 ! Et puis le 31 août est arrivé, avec le serrage tant attendu, et là, oui, tout a changé !!! Un peu trop brusquement d'ailleurs, puisque dans la journée, j'ai dû retourner voir le médecin pour desserrer l'anneau gonflé le matin même, qui m'empêchait même d'avaler ma salive ! Mais ensuite, oui, les choses ont bougé... de vomissements en repas ratés, mon poids a baissé... 10kg se sont additionnés, que je ne n'ai pas vu filer. A la consultation des 3 mois d'après la gastroplastie avec le nutritionniste, ces 10kg se confirmés... Pour moi, rien n'avait vraiment changé, en tous les cas, pas l'image que j'avais physiquement de moi... J'ai parlé de mes vomissements ou plutôt régurgitations quotidiennes, on m'a prescrit un fluidificateur de salive, l'épaisseur de ma salive pouvant être responsable du blocage des aliments dans mon oesophage, qui, en plus, ne contracte pas ! Rien n'a vraiment changé malgré cela. J'alternais des périodes où tout passait, d'autres où je vomissais à chaque repas, mais bon, mes réserves aidant, mes bilans ne dévoilaient aucune carence, et les kilos continuaient à céder du terrain... Et puis chez les copines, c’était pareil… Je n’étais pas trop inquiète. A 15 kg perdus, j'ai commencé à réaliser, heureuse, que je perdais du poids. Enfin je maigrissais ! Consciente néanmoins d'une seule chose : l'anneau, si je voulais rester mince (j'anticipe, là, parce que malgré 15 kg perdus, je suis toujours obèse !), je devrai le garder à vie, c'est sûr, car s'il y a une chose qu'il ne nous apprend pas, c'est à prendre en charge notre alimentation ! Les jours passent, rien ne s'améliore vraiment si ce n'est l'image physique que mon miroir et ma tête me renvoient. Ces deux-là ne sont pas très souvent en phase, alors je ne vous dis pas l'exploit et ma joie !

Et puis récemment, ça s'accélère : depuis deux semaines, je ne parviens quasiment plus à boire avant 11h du matin, je régurgite quasi tous mes repas, des plus liquides aux plus "normaux", les kilos filent, filent, ma tête tourne, les repas que je garde s'espaçant. Tout cela me fait peur. Ca va trop vite, ce n'est pas du tout ce que l'on m'a dit : je n'ai jamais eu la sensation d'avoir un petit estomac plein. Chez moi, quand le repas passe, il passe autant que je veux, mais c'est rare, et plus couramment, je ne garde rien. 18 kg... 20 kg... 25 kg... en quelques semaines ! Je dois voir le nutritionniste pour Mégane qui amorce la pente de la prise de poids bien plus vite et plus précocement que moi, je vais lui demander de desserrer mon anneau... Cette décision je l'ai prise il y a 6 jours... mais je n'aurai pas le temps de m'y tenir, pas le temps de parler de tout cela au nutritionniste que je vais appeler en urgence dimanche matin. Depuis la veille au soir, je suis pliée en deux par une douleur continue à gauche en bas du ventre. Le samedi soir, j'ai cru que je démarrai une gastro, après avoir gardé jeudi en dépannage petite Constance dont la grande soeur a déclaré le mercredi une gastro qui a duré jusqu'au vendredi. Pourtant, au fond de moi, j'ai un doute : une gastro, cela occasionne des spasmes, cela bouge dans notre ventre... Dans mon cas, la douleur est là, lancinante, toujours au même endroit et ne bouge pas ! Je ne suis bien qu'avec une pression s'exerçant sur le point douloureux, et bizarrement, chaque fois que cette pression se met en place, de l'air remonte dans mon oesophage ! Je ne suis pas hyper calée en anatomie, mais bon, je sais bien que les intestins et l’œsophage ne sont pas en lien direct !!! Je commence à m'inquiéter, et les images de torsion d'estomac évoquées par le médecin qui m'a expertisée dans le cadre de mon arrêt de travail me viennent à l'esprit, me stressant particulièrement. Le lendemain matin, mon homme doit aller chercher Mégane, je suis pliée toute la nuit, mais je ne veux pas changer les projets de la journée. Je ne dis rien, je ne dors pas, "vomi de l'air" bruyamment une partie de la nuit et j'ai de plus en plus peur. Le dimanche matin, je ne tiens plus... Tant pis, je vais gâcher le dimanche de tout le monde, mais une fois mon homme revenu d'Arles, j'appelle la clinique avec le numéro d’urgence présent sur ma carte de porteur d’anneau. Le Dr Matussière accepte très volontiers de me recevoir, dès que nous serons remontés sur Lyon. A 13h45, nous sommes fixés : mon anneau a glissé, il comprime mon estomac et l'abîme, cause de ces douleurs que je supporte bêtement depuis la veille. Je suis hospitalisée en urgence, mes 5 schtroumpfs et mon homme rentrent sans moi à la maison. Anti-douleurs inefficaces et perfusion me sont passés en IV (je ne peux plus ni boire ni manger !), c'est décidé, on m'opère le lundi matin à la première heure.

Voilà, vous comprenez sans doute mieux pourquoi lundi matin, sous AG, on m'a libérée... Enfin on a libéré mon estomac (qui n’a pas souffert, c'est la bonne nouvelle :-) ), pour mieux me réemprisonner moi dans mes problèmes de poids ! S'il vous plaît, si vous lisez ce billet, ne me rassurez pas en me disant que je vais y arriver, que mes 25 kg perdus sont autant de coup de pouces pour tenir bon et ne pas reprendre. Je sais que rien n'est gagné. J'ai déjà perdu et repris bien plus, et JE SAIS que dorénavant, chaque passage devant mon assiette sera la porte ouverte à un dérapage, que chaque repas sera un défi à relever. Je vais y arriver, c'est sûr… un temps... puis un jour où je serai fatiguée, je ferai le premier faux pas, le lendemain stressée et culpabilisée, j'entérinerai ce dernier... et la spirale me réaspirera... Vous ne me croyez pas ? Peu importe, moi je l'ai vécu bien des fois, et JE LE SAIS.

Je revois le chirurgien qui m'a "délivrée" dans un mois... Il m'a promis de ne pas me laisser tomber, m'a dit que mon estomac n'ayant pas souffert, tout était possible à envisager : rien, un autre anneau, un bypass, à moi de voir... Et cette liberté elle-même me terrifie... Dois-je choisir à nouveau de me faire poser un anneau, façon totalement débile mais efficace de perdre du poids ? Et s'il glisse à nouveau ? Si cette fois il abîme mon estomac... Dois-je tenter le bypass ? Le confort alimentaire est meilleur il paraît, mais ce n'est pas réversible et l'opération présente beaucoup plus de risques... Ou dois-je envisager de me retrouver face à mes démons pour tenter d'en venir enfin à bout ? En serais-je seulement capable un jour ? 

J'écris, je pleure, les choix qui s'offrent à moi sont clairs et pourtant, je suis totalement paumée. J'oscille entre la joie des plaisirs simples de la table retrouvés (rassurez-vous, je n'ai pas encore baissé les bras, je suis restée très raisonnable depuis que l'on m'a renvoyée à ma vie, hier après-midi ! ;-) ) : chaque bouchée qui "passe", deux jours après l'ablation de mon anneau, me surprend encore et me comble, tout en me terrifiant...

Vais-je un jour pouvoir passer à table sans me sentir en danger ? Pourrais-je un jour manger sans culpabilité, aussi naturellement que tout un chacun ? Franchement j'en doute, même si je l'espère du plus profond de mon coeur...

Bon, je vous laisse, j'arrête : je me sentais mal avant d'écrire, voilà pourquoi je m'y suis collée... Je me sens tout aussi paumée maintenant, mais en plus, je pleure, devant mon homme scotché qui ne comprend pas pourquoi (pour lui, tout va bien, puisque je peux choisir la suite des évènements), et Még étonnée qui ne comprend pas plus, et n'imagine même pas que de la voir se battre elle aussi avec la bouffe me renvoie à mon problème plus sûrement chaque jour.

Heureusement, mes garçons ne voient pas ce désastre : les grands sont à leur stage de foot, ravis et épuisés (cet aprem, c'était piscine), et les petits se promènent dans le bois Marquis après un pique-nique au soleil (dont c'est le dernier jour de sortie, il paraît ! :-( ) avec le Centre Aéré Maternel.

 Allez, je pars avec Még chercher quelques fruits et légumes... ;-)

PS du lendemain :

Désolée de ne pas avoir tenu tout le monde au courant pour ma gastroplastie.

Pour certains, c'était très volontaire. J'étais persuadée que vous me jugeriez, de votre regard jaloux, ou de votre point de vue juste méprisant de personnes qui ne vivent pas l'enfer des gens comme moi, qui se battent avec la nourriture toute leur vie ou presque. J'ai pris cette décision un après-midi, juste avant l'intervention, après une discussion vraiment blessante avec une personne de mon village, qui ne comprenait pas comment, nous, les gros(ses), pouvions laisser aussi faiblement les kilos s'accumuler et nous plaindre ensuite de notre condition. Alors qu'il suffit juste d'un peu de volonté pour lutter... Et oui, faible je le suis, et je le sais. Et je n'ai pas envie de tendre le bâton qui me battra. J'ai bien rétorqué sur le coup que j'avais de la volonté pour ne pas fumer ce qui n'était pas le cas de cette personne, et que de nos deux faiblesses, on ne pouvait savoir celle qui le plus sûrement nous tuerait, mais j'ai été blessée, vraiment, alors j'ai voulu m'épargner pour la suite.

Pour d'autres, plus simplement, je n'en ai pas eu l'occasion... "Salut, au fait, tu sais, j'en ai marre d'être obèse, alors je me suis fait poser un anneau" ne sont pas des paroles simples à tenir quand on ne sait pas si l'anneau fonctionnera dans notre cas, qu'on est plein de doutes et d'angoisses. Aussi n'y a-t-il que les proches et amis que j'ai eu l'occasion de voir immédiatement avant l'intervention et/ou en qui j’avais vraiment confiance qui étaient au courant. Toujours pour les mêmes raisons... Je suis un peu maso, puisque je me fais du mal depuis des années avec la bouffe, mais je n'aime pas les coups tant que cela...